Basilique de Saint Denis
Nécropole des rois de France.

L'Abbaye de Saint-Denis

L'ancienne abbaye royale de Saint-Denis a illuminé des siècles durant l'histoire artistique, politique et spirituelle du monde franc. Citons, notamment, la bibliothèque du monastère qui, à la fin du Moyen Age, est la plus importante du royaume. L’église abbatiale a été dénommée « basilique » dès l’époque mérovingienne. Ce qualificatif s’applique dès le IV e siècle aux églises dont le plan reprend celui des bâtiments civils romains où l’on pratiquait le commerce et où l’on rendait la justice, souvent édifiées à l’extérieur des villes et sur la tombe d’un saint. Elles sont fréquemment à l’origine du développement d’un quartier ou d’un bourg, comme la ville de Saint-Denis, qui se constitua autour de l'abbaye et de son potentiel économique.

L’église s’élève sur l’emplacement d’un cimetière gallo-romain, lieu de sépulture de saint Denis martyrisé vers 250. Outre une crypte carolingienne, vestige de l’édifice consacré par Charlemagne en 775, la basilique conserve le témoignage de deux bâtiments déterminants pour l’évolution de l’architecture religieuse : le chevet de Suger (1144), qui constitue un véritable hymne à la lumière, manifeste du nouvel art gothique et la partie reconstruite, au temps de Saint Louis, dont le transept, d’une ampleur exceptionnelle, était destiné à accueillir les tombeaux royaux.

Lieu de mémoire, dès le haut Moyen Age, le monastère dionysien a su lier son destin à celui de la royauté s’affirmant peu à peu comme le lieu de sépulture privilégié des dynasties royales à la faveur du culte de saint Denis. Quarante-deux rois, trente-deux reines, soixante-trois princes et princesses, dix grands du royaume y reposèrent. Avec plus de soixante-dix gisants et tombeaux monumentaux, la nécropole royale de la basilique s’impose aujourd’hui comme le plus important ensemble de sculpture funéraire du XII e au XVI e siècle. Mais la basilique de Saint-Denis n'a pas été dès l’origine de la royauté franque considérée comme le “ cimetière aux rois ”, comme l’avait défini un chroniqueur du XIII e siècle. Jusqu’au X e siècle, l’abbaye royale a été en âpre concurrence avec de nombreuses autres nécropoles, notamment Saint-Germain-des-Prés. Lors de l’avènement des Capétiens en 987, le rôle de nécropole royale s’affirme et la plupart des souverains y reposeront jusqu’au XIX e siècle ; même si pour des raisons politiques, religieuses ou personnelles, quelques rois comme Philippe Ier en 1108, Louis VII en 1180, Louis XI en 1483, Charles X en 1836 et Louis-Philippe en 1850 seront inhumés dans d’autres lieux. Louis XVIII, mort en 1824, est le dernier roi à reposer dans la basilique